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VIVRE ENSEMBLE

Au regard de l’actualité politique et sociale, force est de constater que l’éducation aux valeurs fondamentales de la République - la liberté, l’égalité et la fraternité - est indispensable pour lutter contre le discours de haine qui gangrène notre société et nous divise. Internet et les médias sont autant d’outils de connaissances et de communication sur l’actualité qu’ils peuvent être détournés et devenir néfastes à la compréhension de ces phénomènes et enjeux sociétaux. 
 

C’est pourquoi nous avons souhaité engager un travail réflexif avec les jeunes du Foyer Educatif LA PASSERELLE à travers un projet permettant la rencontre d’associations ou de personnalités et créer des espaces de dialogues et de débats autour du racisme, des discriminations et des extrémismes. Ce projet, réalisé entre fin octobre et fin décembre 2015, nous l’avons intitulé : « Vivre Ensemble ». 

Afin de motiver le groupe à s’investir dans le projet, de garder un fil conducteur et surtout de les pousser à une réflexion collective et à une réalisation collective, l’aboutissement du projet visait la production d’un court métrage sur le thème du « Vivre Ensemble » dont les jeunes étaient à la fois les auteurs et les réalisateurs. Ainsi, pour ce projet, nous avons sollicité les associations COEXIST, SOS Racisme, 1 000 VISAGES, ainsi que des personnes investies dans la sphère de la citoyenneté comme Laurence PETIT-JOUVET (réalisatrice), Steevy GUSTAVE (élu), Mohamed SIFAOUI (journaliste). De plus, nous vous avons eu le soutien du CINE 220 de Brétigny-sur-Orge qui s’est révélé un partenaire précieux.   

Dans un premier temps, nous avons fait appel à COEXIST puis SOS Racisme pour que les jeunes s’approprient des notions et s’immergent dans l’esprit du projet. Nous avons accueilli l’association COEXIST pour un travail pédagogique sur la déconstruction des préjugés, puis SOS Racisme pour comprendre la discrimination et comment s’en défendre. Cette partie avait pour but de leur faire prendre conscience de leurs propres préjugés et que l’on peut tous être victime mais aussi acteur de discriminations de manière consciente ou inconsciente. 

La seconde partie était dédiée à « l’engagement citoyen ». Le CINE 220 nous a accueillis pour une soirée projection/débat autour du film « La ligne de couleur » en présence de Laurence PETIT-JOUVET, la réalisatrice avec qui nous avons pu échanger. Les temps forts de cette séance ont été les échanges des jeunes avec la réalisatrice, leurs  questionnements sur leur propre vécu et identité. Celle-ci a d’ailleurs manifesté sa satisfaction à débattre de son film avec un public différent de son public « habituel », souvent adulte, déjà sensibilisé et sensible à la problématique traitée.

 

 

Puis nous avons reçu Steevy GUSTAVE, alors membre du cabinet ministériel de Christiane TAUBIRA et élu de Brétigny-sur-Orge. A travers son parcours dans l’associatif, la culture Hip-Hop et son engagement dans la politique, il nous a apporté un message positif sur l’avenir et le rôle de la jeunesse.

Notre dernier thème de réflexion a porté sur les extrémismes avec deux projections :

Nous avons débuté par le visionnage du film « La Vague ». Il s’agit ici du seul atelier mené exclusivement par l’équipe éducative. Le film étant très parlant, les éducateurs ont recueilli les réactions du groupe et reformulé le contexte. Il semble que les jeunes aient bien saisi le principe selon lequel nous pouvons tous être emmenés, malgré nous, vers l’extrémisme.  

Puis nous avons organisé une projection/débat autour du film « La désintégration » et l’intervention de Mohamed SIFAOUI, journaliste spécialiste du terrorisme. Traité début décembre, les attentats du 13 novembre ont évidemment eu une incidence sur le projet ; en effet la Mairie de Brétigny-sur-Orge a émis quelque réserve sur le maintien de la soirée. Cependant, Monsieur SIFAOUI a confirmé sa venue et la séance a été maintenue. Les jeunes attendaient avec impatience cette rencontre puisqu’ils savaient que l’intervenant était un spécialiste du terrorisme. Cette intervention est une des plus marquantes du projet et les jeunes y ont été extrêmement attentifs et intéressés.

 

 

 

Après ce premier travail de réflexion, les jeunes, encadrés par l’association 1 000 VISAGES, ont réalisé un court métrage sur le thème du « Vivre Ensemble ». Cet atelier s’est déroulé sur 5 jours. Les jeunes ont montré beaucoup d’investissement sur cet atelier. Les rythmes étaient soutenus et les exigences élevées. Ils ont pu intégrer rapidement le fait que ce n’était pas un jeu mais un travail à réaliser avec des contraintes organisationnelles demandant de la rigueur : être ponctuel, persévérant, respectueux des autres jeunes et patient. En effet, il a fallu se mettre rapidement en condition, ne pas perdre de temps, tourner parfois dix fois la même scène, et accepter les remarques très directes des professionnels. Le groupe s'est montré attentif et appliqué dans les exercices avec la comédienne Jisca KALVANDA, ce qui leur a permis de palier au stress et de mieux maîtriser leurs missions tout au long du tournage. Leur court métrage intitulé « Le silence des victimes » se déroule dans un foyer où un groupe de jeunes va être confronté aux dérapages racistes d’un éducateur.  
 

 

 

 Pour clôturer le Projet Vivre Ensemble et valoriser le travail des jeunes, nous avons organisé une projection de leur court métrage au CINE 220 le dimanche 13 mars 2016. Madame ROMEUF, directrice du CINE 220, nous a accueillis et permis d’occuper le hall d’entrée du cinéma pour un cocktail. Les jeunes étaient très fiers à l’idée de voir leur film au cinéma, un certain nombre d’entre eux s’étaient même « endimanchés » pour l’événement. Des jeunes et des éducateurs n’ayant pas pris part au projet ont fait le déplacement ce qui a été apprécié par les jeunes et très valorisant. Le temps fort de l’évènement est le temps où les jeunes ont pu dire un mot sur la réalisation du film et leurs ressentis face au public.

 

 Le projet originel a été mené jusqu’à son terme. L’objectif ne peut être évalué à court terme puisqu’il relève d’une maturation à long terme et individuelle. Nous ne pouvons donc pas affirmer avoir fait de ces jeunes des ambassadeurs de la tolérance et du vivre ensemble ; cependant, un certain nombre d’indicateurs se sont agrégés aux objectifs initiaux, laissant penser que la voie a été ouverte.

Les jeunes s’étant engagés dès le départ dans le projet y ont globalement adhéré sur la continuité. Quelque jeunes ont manifesté leur envie de continuer la réalisation et se sont rendus à des ateliers menés par l’association 1 000 VISAGES en Essonne. Le projet a permis de créer des espaces d’échanges, de convivialité et de cohésion entre des jeunes venant de trois pavillons du Foyer Educatif LA PASSERELLE. Et enfin, la directrice du CINE 220 attend notre prochain projet.

 

Sylvain PORTE