25e séminaire AVVEJ - 2019

25ème Séminaire de l’AVVEJ


 
du 25 au 27 septembre 2019
 
à Blainville sur Mer
 
 
FRATERNITE, EGALITE,
 
LIBERTE:
 
quels sens pour l'AVVEJ
 
aujourd'hui ?
 
(page en travaux)
 
 
 
Mercredi 25 septembre
 

Etienne HOLLIER-LAROUSSE, Président de l’AVVEJ
 
Bonjour à toutes et à tous,
Bienvenue à Blainville sur Mer. Le XXVème séminaire de l'AVVEJ est ouvert. Le premier séminaire a eu lieu en 1971 : c'est donc en 2021, dans 2 ans, lors du XXVIème séminaire, que nous fêterons les 50 ans de cette institution.
Dans les établissements et services, les travailleurs sociaux, salariés de l'AVVEJ, sont soumis à la pression constante des événements du quotidien, avec le risque permanent de rester « le nez dans le guidon ».
Un des objectifs essentiels des sessions de formation que sont les séminaires de l'AVVEJ est de leur donner l'occasion de prendre du recul, et de conforter leur action en la replaçant dans un cadre théorique construit. Mais c'est aussi l'occasion pour eux de prendre conscience concrètement de l'existence d'une structure associative qui chapeaute les établissements et services et qui est non seulement l'employeur dont le nom figure sur les bulletins de salaire, mais aussi un acteur du champ social. (...)
 

Laurent DUPOND, Directeur Général de l’AVVEJ et Matthieu CREPON, directeur-général-adjoint


 
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Sens et actualité de la devise républicaine.
 
Henri PENA-RUIZ, Philosophe
 
 
 
Résumé de l'intervention d'Henri PENA-RUIZ

Sur le fronton de nos mairies, et en bien d’autres lieux, figure la devise de la République Française : « Liberté-Egalité-Fraternité ». Avec des traits d’union pour marquer le caractère indissociable des trois termes. Le sens d’une telle devise mérite une présentation articulant l’histoire et la philosophie, et une mise en perspective au regard de l’actualité. Les enjeux civiques et moraux de cette devise admirée dans le monde entier sont décisifs. Place au commentaire des principes et des valeurs qui constituent à la fois la source et l’horizon de l’idéal républicain.
 
Liberté. Marianne, l’allégorie de la République, porte le bonnet phrygien des esclaves affranchis. La symbolique est claire : non seulement la liberté comme fait de vivre et de s’accomplir sans entrave autre que le nécessaire respect d’autrui, mais aussi la libération comme processus d’affranchissement par lequel l’humanité des êtres humains advient à elle-même.
Egalité. Si l’humanité est respectable en tout homme, chacun en est également dépositaire. L’égalité des droits, des chances, et des moyens de devenir tout ce qu’on peut être, est donc aussi essentielle que la liberté. Montaigne : « chaque homme porte en lui la forme entière de l’humaine condition » Essais, II. On peut même parler de l’égaliberté pour bien souligner ce partage universel.
Fraternité. L’exigence de fraternité ressemble à celle d’un trait d’union indispensable. La liberté et l’égalité peuvent être invoquées de façon parfois incantatoire, dès lors que la réalité sociale ne leur permet pas de se traduire concrètement dans les faits. Il faut donc prendre au mot la proclamation des droits, et lui donner les moyens d’être effective, concrètement réalisée. La fraternité survient alors, et elle invite la République à devenir sociale, C’est le terme même de fraternité qui contraste le plus fortement avec les privilèges ou les violences de l'intolérance comme avec les inégalités sociales. L’invocation de la fraternité, qui est tout à la fois un fait rappelé, un sentiment, et une exigence morale porteuse d’un devoir civique, sauve la devise républicaine de toute interprétation réductrice, pour en faire, encore et toujours, une maxime révolutionnaire.
Ce n'est pas un hasard si dans son langage Victor Hugo interpréta le triptyque républicain comme il le fit, en insistant sur le rôle de la fraternité comme devoir. Il voyait en elle « l’âme de la formule ». Laissons au poète le dernier mot. « La formule républicaine a su admirablement ce qu’elle disait et ce qu’elle faisait : la gradation de l’axiome social est irréprochable. Liberté-Égalité-Fraternité. Rien à ajouter, rien à retrancher. Ce sont les trois marches du perron suprême. La liberté, c’est le droit, l’égalité, c’est le fait, la fraternité, c’est le devoir. Tout l’homme est là. » Le Droit et la loi (1875).
 
 
 Bibliographie sélective d'Henri Pena-Ruiz
   
 
 
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Des nouvelles formes de l’engagement aux transformations des modèles socio-économiques : mieux comprendre les mutations du monde associatif

Mathilde RENAULT-TINACCI
Sociologue
 
Présentation sur le site du CERLIS (Centre de recherche sur les liens sociaux)

Présentation de l'intervention.
L’intervention développera trois grandes thématiques de recherche: les mutations de l’engagement et du bénévolat (avènement d’engagements distanciés, tendances générales par générations, motivations à l’engagement et/ou à la création d’association), le déploiement de nouveaux modèles de gouvernance associative (organisation, fonctionnement démocratique, difficultés selon types d’association) et enfin une analyse des modèles socio-économiques et les moyens de résistances qui s’offrent aux tiers secteurs.
J’aborderai ces thèmes au cours de trois temps distincts composés de conférence puis de temps d’échanges et de débat avec la salle.
 
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Les enjeux environnementaux et sociétaux, la perspective d’un effondrement systémique et des pistes d’actions à hauteur de vos enjeux

Grégory POINSENET
Président de MoOt Points
 
Une plongée dans les données scientifiques sur les grandes alarmes mondiales, leurs causes et origines cognitives, la perspective d’un effondrement systémique global et les actions / réactions face à cet état de fait.
 

 
"Nous sommes une petite équipe réunie autour d’un grand enjeu : accélérer la prise de conscience et l’intégration fondamentale des enjeux écologiques et sociétaux."
"L’équipe de MoOt Points est composée de profils diversifiés et complémentaires partageant tous le même objectif : accompagner les entreprises et institutions qui le souhaitent à évoluer pour optimiser leur impact sociétal et environnemental."
 
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Jeudi 26 septembre
 
 
Les conférences familiales - La fraternité à l’épreuve des familles

Francis ALFOLDI, docteur en sciences de l'éducation
 


Cette action à la journée vise la sensibilisation d’un public de travailleurs sociaux et des partenaires de réseau à la méthode des conférences familiales, en vue de susciter à moyen terme, la volonté d’aller plus loin : vers une formation de coordinateur-référent et l’expérimentation sur le terrain d’une première série de conférences familiales.

Ce programme a pour finalité de susciter l’intérêt des participants pour les conférences familiales ainsi qu’une volonté d’en lancer l’expérimentation sur le territoire concerné.

> L’intervention comporte les contenus suivants 
 
Présentation des Conférences familiales : origines Maori – situations propices - l’expérience pionnière de la Nouvelle Zélande – premiers pas en France – évolution : l’intérêt actuel dans les territoires.Le concept clef : l’empowerment – la définition - les pièges - la personne et le professionnel – la volonté et le désir
>    Une méthode active / début : 5 jalons : 1 phase de préparation / 3 étapes de réalisation de la conférence : le partage d’information, le temps familial privé, la discussion du plan d’action / 1 phase de suivi du plan d’action + illustration avec la conférence d’Enzo : transmission d’expérience vécue
 
Article publié par Francis ALFOLDI dans la revue FORUM, n°71 - décembre 2015 
 


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La fresque AVVEJ a été créée
par Clément DEVAUX, éducateur scolaire spécialisé à AVVEJ Rencontre 93
 
Nom d'artiste :
 
URB1 Lord
 
 


   
 
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A propos des bébés : Comment aider nos tutelles à prévenir sans prédire ?

Christine ASCOLI, directrice du COPES et Bernard GOLSE, président du COPES

 
Prévenir n’est pas prédire et les effets de la prévention se jouent bien évidemment dans le long terme.

La prévention dite ouverte ne se pose pas en termes de filière diagnostique mais en termes de filière de risques.

Que ce soit à propos des effets à distance de la prévention ou de ses spécificités nosologiques, il importe donc que nous puissions transmettre à nos instances de tutelle (administratives, financières et politiques) nos différents repères conceptuels afin de les partager et de pouvoir œuvrer conjointement pour le bien des enfants et de leurs familles !

Cette collaboration s’inscrit dans le champ de ce que l’on appelle désormais les pratiques translationnelles. 
 
 
 
 Bibliographie sélective de Bernard Golse
 
 

 
 
 
L'équipe de la Passerelle, foyer éducatif de Marolles-en-Hurepoix,
a proposé des improvisations après chacune des interventions, retraduisant avec humour le discours construit des orateurs, les premiers à s'en amuser.
 
 Ateliers proposés par les établissements de l’AVVEJ
 
SIOAE 93 : Marianne dans tous ses états

# Crée, fais et deviens Marianne,  # Miss Marianne # aux urnes Avvéjiens
Nous vous attendons dans le hall !


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Rencontre 93 : « Vous avez dit démocratie ?»
 
Rencontre 93, vous propose de participer à un jeu de rôle « grandeur nature » intitulé « Vous avez dit démocratie ?». Incarnez l’une des trois tribus (fraternité, égalité ou liberté) du monde de « RES PUBLICA » et fondez, de concert avec les autres clans, une nouvelle société. Rencontrez les autres tribus, relevez des défis et écrivez la constitution de votre nouveau monde ! »

   
 
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Le vieux logis : atelier slam

Slamer c’est dire un texte qui claque, c’est une nouvelle forme de poésie, où le rythme et la façon de réciter font une musique qui ajoute à la force des mots. On peut dire que le Slam, c’est la poésie de la rue. Ce mouvement poétique a commencé à percer en France en 1995 et a donné naissance à des artistes tels que Grand Corps Malade ou Abd Al Malik. Gauthier et Charly, deux slameurs membres de l’association Sporting Club de Poésie vous propose de vous faire slamer autour du thème du séminaire.

15 à 20 participants maximum
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L’Oustal : jeux de « Loi-y-cité »

Parcours où l’on se déplace en fonction du résultat du dé. Le but étant d’arriver le 1er à la case « Arrivée » sur un parcours comprenant un certain nombre de pièges. Le Jeu de Loi-y-cité se joue en binôme : une personne qui fait le parcours en se déplaçant sur les cases et l’autre personne qui répond aux questions

Jeu de hasard, de culture Avvejienne et de citoyenneté…A vous de jouer !


 
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Sessad : « Mais t’es qui toi ? »
 
(3 animateurs)

Un atelier pour faire l’expérience de la fraternité par le jeu et l’expression artistique.

10 à 20 participants

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Vendredi 27 septembre

FRATERNITÉ, ÉGALITÉ, LIBERTÉ la place pour l’individu d’aujourd’hui.
Qu’est-ce qu’un individu soutenu ?

Fabienne BRUGERE, Philosophe
Université Paris 8. Université Paris Lumières

Par quel biais penser aujourd’hui une société de l’inclusion dans des sociétés qui sont largement devenues des « sociétés d’individus » ? Robert Castel avait diagnostiqué deux modernités, politique puis sociale, pour identifier une crise de cette dernière à travers de nouvelles formes d’exclusion fabriquant des « individus négatifs » et appelées « désaffiliation ».

Nous aimerions montrer qu’une société de l’inclusion, après ce diagnostic, ne pourra se faire que par des politiques de soutien des individus. Qu’est-ce alors qu’un soutien ? Il commence par faire intervenir la société et pas seulement l’Etat, par défendre des expérimentations sociales qui rendent possibles non seulement une vraie reconnaissance des différentes expériences de vulnérabilité mais aussi une agentivité des vulnérables.

 

Qu’est-ce qu’un individu soutenu ?

Qu’est-ce qu’un individu soutenu dans des sociétés qui sont des sociétés d’individus et qui vivent ce que Robert Castel a justement nommé la « montée des incertitudes » ? La réinvention de supports pour les individus se fait à l’âge du capitalisme. Selon Castel, le capitalisme postindustriel se caractérise à la fois par une dé-institutionnalisation et une ré-individualisation qui fait naître et se propager une insécurité sociale sous de multiples visages. Comment ne pas faire le diagnostic aujourd’hui d’un affaiblissement de  la démocratie comme forme de société alors même qu’elle s’est installée comme régime dans de nombreux pays ? La « question sociale » perd de son importance pour les gouvernants. On peut même se demander si la société dans son ensemble a encore le désir de construire un espace commun, d’en appeler à un pouvoir des individus à s’organiser par-delà les hiérarchies, les statuts, les classes ou les castes ? Car la démocratie, ce ne sont pas seulement des droits ou un mode de gouvernement, c’est aussi une prise en considération de toutes les voix et la constitution, dans le respect du pluralisme, d’un espace commun. Ces voix doivent pouvoir  prendre part à la vie collective, produire des critiques, modifier le réel auquel elles appartiennent.
Avoir les moyens de parler et d’être écouté, c’est être reconnu comme un acteur de la vie publique. Faire l’hypothèse de la démocratie, c’est alors porter le plus de voix possibles à la parole contre les certitudes, les préjugés, les idéologies et toutes les formes d’empêchements, y compris corporels. La politique a pour mission de représenter toutes les individualités qui composent une société pour ne pas céder à une tyrannie de la majorité. Elle ne peut le faire que si elle ne se renferme pas sur le seul fonctionnement des partis, des institutions, et si elle s’ouvre à toutes les manifestations syndicales, associatives, militantes, mais aussi culturelles et scientifiques. En d’autres termes, la politique désigne aussi un mode d’action produit par les individus pour améliorer ou changer leur vie présente au nom d’un monde commun qui porte les valeurs de la liberté et de l’égalité. 


 
 Bibliographie sélective de Fabienne Brugère
     
 
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Clôture du séminaire
 
Etienne Hollier-Larousse, président de l'AVVEJ

Le XXVème séminaire se termine.

Une fois encore, ce séminaire s'est déroulé dans de bonnes conditions, et je suis convaincu qu'il a apporté à chacun de vous la possibilité d'élargir sa réflexion et d'enrichir sa pratique.

Je voudrais souligner le caractère très positif du principe de répartition aléatoire mis en œuvre pour le déjeuner de mercredi : le séminaire de l'AVVEJ est d'abord un lieu de formation, et les rencontres avec des salariés ayant d'autres responsabilités dans d'autres services sont un moyen tout à fait important de formation. L'idée de nous bousculer un peu pour pousser à ces rencontres pourrait sans doute être appliquée plus d'une fois en trois jours (...)

Discours intégral d'Etienne HOLLIER-LAROUSSE, président de l'AVVEJ


Liberté Egalité Fraternité AVVEJ 
 
Pendant les trois jours du séminaire, chacun a brodé un point pour relier la devise républicaine jusqu'au nom de l'association. Une oeuvre collective initiée par Magali Joannelle.
 
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Le mot de la fin revient aux 3 A, les amis et les anciens de l'AVVEJ
 
Nous devons apprendre à vivre ensemble comme des frères, sinon nous allons mourir ensemble comme des idiots.