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ASSISTANTS FAMILIAUX (H/F)EDUCATEUR DE JEUNES ENFANTS (H/F)4 Travailleurs Sociaux diplômés (3 en MJIE, 1 en AEMO) - (H/F)

Article du flash n° 244 janvier 2011 - d'une génération Å

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D’une génération, l’autre

Une jeune Educatrice de Jeunes Enfants (EJE) tout juste diplômée, et une éducatrice spécialisée aguerrie dont nous tairons l’âge, se sont prêtées au jeu de compléter un même début de phrase.

 Pour trouver mon premier emploi en 1972, je n’avais pas besoin d’envoyer un CV. Le DEES suffisait à l’embauche. Avec ma 2CV, je faisais du porte à porte dans les institutions. Il me fallait environ 15 jours pour trouver un nouveau poste en foyer pour adolescents.

 Pour trouver mon premier emploi après mon DEEJE, en 2009, j’ai répondu à quelques annonces sélectionnées sur internet. J’ai eu plusieurs réponses positives qui m’ont permis de choisir le poste qui me convenait le mieux. Il m’a fallu 15 jours pour trouver un poste en crèche collective privée.

 A l’époque (1972) pour moi, un foyer maternel, c’était ce qu’en avait vécu une jeune fille de ma famille. Les « filles-mères » y étaient envoyées par leurs parents. Elles devaient « payer leur faute ». En guise de soutien psychologique, elles subissaient les remarques, voire le harcèlement des « éducatrices » rarement formées et souvent religieuses. La culpabilisation était le moteur de leur « rééducation » et leur enfant considéré comme un « bâtard ». Les sorties, sauf pour aller travailler, étaient interdites, de même que les visites. La vocation du foyer maternel était de cacher, punir et faire la morale à des filles-mères.

 A l’époque (2009), pour moi, un foyer maternel accueillait des jeunes mères en difficulté sociale avec des enfants en bas âge. A l’école d’EJE, j’avais appris la mission d’un centre maternel : donner un coup de pouce à des mères en situation précaire. Par contre je ne savais pas que les SAI existaient. Pour moi les jeunes femmes vivaient en foyer collectif avec une crèche pour les enfants et non en appartement individuel en confiant leur enfant à des assistantes maternelles.

 A mon arrivée l’équipe m’a accueillie très chaleureusement. Je ne connaissais rien du travail avec des mères isolées, mais mon expérience d’éducatrice a été très vite reconnue par mes collègues et elles m’ont soutenue dès le début. Elles comptaient sur moi pour créer un travail de partenariat avec les services sociaux extérieurs.

A mon arrivée, l’équipe m’a très bien accueillie, mes collègues ont eu un côté maternant car je suis la plus jeune et la moins expérimentée. Elles ont pris le temps de m’ expliquer le fonctionnement, et de me présenter aux jeunes femmes, aux assistantes maternelles. Mon rôle était de travailler en binôme dans la prise en charge de la mère et de l’enfant.

A mon arrivée, les jeunes mères m’ont bien acceptée. Certaines m’ont précisé plus tard que mon âge et mes cheveux blancs les avaient rassurées. Beaucoup avaient été élevées par une grand-mère et je leur rappelais ces moments heureux.

 A mon arrivée les jeunes mères m’ont bien accueillie. Pour certaines il a fallu que je prouve mes compétences : le fait que j’aie le même âge qu’elles et pas encore d’enfant était suspect. Elles ont peut-être eu plus de mal à accepter mes conseils. Avec d’autres, le dialogue a été sans doute plus facile car justement, j’ai le même âge, les mêmes références.

 Après 5 ans à Clairefontaine, j’ai compris que ce qui me fait venir au travail avec plaisir, c’est l’autonomie et la confiance accordées par la direction à notre équipe, la bonne entente avec mes collègues. Cela me permet d’exercer mon métier en cohérence avec mes convictions éducatives et mes valeurs.

 Après 1 an à Clairefontaine, j’ai compris que chaque jour est différent et enrichissant, que les collègues peuvent me guider mais aussi les jeunes femmes : les mères, même si elles ne sont pas parfaites, peuvent apporter des choses positives à leur enfant. Cela m’apprend à être moins exigeante envers elles. J’ai compris aussi qu’il me faut travailler avec le temps, sans précipiter les choses. « Il faut donner du temps au temps ».

 Aujourd’hui, la difficulté à travailler à Clairefontaine, c’est essentiellement l’éloignement de mon domicile et les problèmes de transports récurrents.

 Aujourd’hui la difficulté à travailler à Clairefontaine c’est le travail en équipe. La formation ne nous y prépare pas tellement. J’apprends à faire avec les différences, la personnalité de chacun, à communiquer.

 Dans l’avenir, j’ai pour objectif de participer à la mise en place du nouveau projet d’Etablissement avec l’ouverture du foyer de Fontenay, d’être le « passeur » des pratiques. Ensuite, sereinement, j’envisagerai mon départ à la retraite.

 Pour l’avenir j’ai pour objectif de progresser pour être plus à l’aise dans la technique d’entretien afin de me sentir plus compétente. Un stage pour m’y aider est prévu en mars. Je pourrai alors envisager de faire de nouvelles propositions de travail. Je pourrai continuer d’évoluer petit à petit, forger mon identité professionnelle.

Echanger avec une collègue moins expérimentée m’a permis de prendre conscience qu’au fil de ma carrière j’avais appris à ne plus être dans l’urgence et à me référer à l’équipe avant de m’engager auprès des usagers. De plus, je m’aperçois qu’en 2009, une jeune diplômée a trouvé son premier emploi aussi rapidement que moi, au siècle dernier !

 Echanger avec une collègue expérimentée m’a permis de prendre conscience que l’échange et la communication sont la base du travail. C’est un domaine où l’on ne peut pas travailler seul (même en accompagnement individualisé). Ce dialogue m’a permis d’apprendre de son expérience professionnelle et de réfléchir à mon positionnement.