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Lire Pierre JOXE, et… sourire
Pierre Joxe fut Ministre de l’Industrie, Ministre de l’Intérieur, Ministre de la Défense au cours des deux septennats de François MITTERAND. Outre ses fonctions d’ancien Président de la Cour des Comptes, Pierre JOXE a siégé au Conseil Constitutionnel de 2001 à 2010. Depuis, Pierre JOXE est devenu avocat des enfants.
Son dernier livre : « Pas de quartier ? Délinquance juvénile et justice des mineurs » (Fayard, janvier 2012) nous place en direct au cœur du système judiciaire, et nous invite, professionnels et non professionnels à partager son indignation sur la révision de l’Ordonnance du 2 février 1945. Rappelons que cette Ordonnance privilégie l’action éducative sur les jeunes mineurs délinquants.
Cette plongée dans la justice des mineurs, nous conduit dans les salles d’audience. Nous voici témoins d’un déroulé de séance de palais, et pour ceux qui ne connaissent pas cet univers, la force par l’exemple percute d’emblée le lecteur. De façon déterminée, Pierre Joxe ne renonce jamais à nous présenter les histoires humaines qui illustrent son propos.
De la même façon, il nous rend compte du travail des intervenants, juges pour enfants, éducateurs, travailleurs sociaux… professionnels actifs au cœur du processus d’assistance éducative, à qui il rend hommage.
Et Pierre JOXE de nous interroger : « est-on encore jeune à 21 ans ?» « L’enfant est né innocent et souvent il devient coupable. Comment ce changement s’est-il fait ? », se demande-t-il en se concentrant sur l’évolution historique. Il n’hésite pas à marteler : « le droit des mineurs s’est construit sur des principes fondateurs : la continuité personnelle, celle du juge et du suivi éducatif, l’utilisation du temps, la priorité de la prévention et de la protection, l’individualisation de la réponse tenant compte de la personne de l’enfant… » En soulignant la frénésie législative depuis 2002, il égratigne au passage la disparition de la Défenseure des Enfants.
Il nous intéresse aussi au droit comparé avec d’autres modèles de justice des mineurs, en Europe et aux Etats Unis.
En dénonçant les dérives du tout sécuritaire, en pointant les décisions politiques qui s’appuient peu ou pas sur les travaux des chercheurs ou des professionnels, nous rappelant le discours de Grenoble, Pierre JOXE incite à réfléchir sur un modèle de société plus humaniste, moins destructeur, et si besoin nous rappelle par ses convictions, feu nourri contre les pouvoirs publics, que l’indignation, ça a du bon !