Les origines de l'AVVEJ

Jean-Claude FERRAND crée en 1952 l’Association « Vers la Vie » et prend la direction de l’Institut de Rééducation « Le Logis » à St Lambert des Bois. Il est entouré dans cette aventure par des amis de la première heure. Sa volonté est d’aider des adolescents en difficulté, en sortant des cadres proposés jusque là par les pouvoirs publics ou les congrégations religieuses.

La période est favorable à l’action sociale ; elle est ouverte à l’innovation. Les créateurs s’inspirent des mouvements d’éducation populaire et des courants de psychothérapie institutionnelle qui irriguent la pensée éducative de cette époque. Ils mettent en place un certain nombre d’expériences novatrices, comme la reprise du concept d’unité polyvalente d’action éducative spécialisée [UPAES], qui présente une gamme d’interventions complémentaires, articulées les unes aux autres et disposant d’un budget unique.

L’établissement initial va donc progressivement essaimer pour proposer une suite et des compléments à ses interventions (Foyer le Vieux Logis à Montgeron, IRMP Beaulieu en Haute-Savoie, puis service de soins et d’éducation spéciale à domicile [SESSAD] de Paris).

En 1972 Jean-Claude Ferrand s’entoure d’une équipe de Direction Générale. C’est la fin de la période historique de création militante. L’association se professionnalise. Les années 1970/80 voient l’extension et la diversification des activités :

- vers des mesures de prise en charge à la demande des Tribunaux pour Enfants, par la reprise du foyer le Refuge qui deviendra l’Oustal, à Versailles, et celle de la Consultation d’orientation et d’action éducative [COAE] du boulevard de Strasbourg à Paris,

- vers l’accueil d’urgence avec la création des Services d’Accueil d’Urgence des Yvelines et des Hauts de Seine,

- puis vers l’accueil mère/enfant par la fusion avec l’Association pour l’Education des Jeunes Mères [AEJM], fondée en 1950 par Marie Thérèse PERRIN.

Ce sont des années de développement durant lesquelles l’Association Vers la Vie montre un dynamisme et une inventivité fortement marqués par l’énergie et les convictions de son fondateur.

La nouvelle « Association Vers la Vie pour l’Education des Jeunes » (AVVEJ), née de la fusion de l’association « Vers la Vie » et de l’AEJM, a droit à la reconnaissance d’Utilité Publique que détenait cette dernière. Elle bénéficie de la confiance des instances politiques locales, ce qui autorise la poursuite de son développement. Elle se constituera en Groupement Vers la Vie dans les années 1990 en fédérant les associations sœurs, l’ANREL(1), les 3A(2) et Promo 84(3).

En 1983, l’AVVEJ compte 485 salariés. Une évolution de l’organisation mais aussi de l’identité même de l’association se dessine et va se poursuivre durant toute la décennie suivante. Le fondateur devient Président de l’association et garantit de sa place et par sa personne l’inspiration de départ. Un nouveau directeur général lui succède et poursuit la professionnalisation des intervenants et la diversification des modes d’actions avec des créations ou des reprises d’établissements.

Plusieurs structures ouvrent leurs portes :

- le Service d’Investigation, d’Orientation et d’Action Educative de Bobigny

- la Boutique Sociale « Stuart Mill » à Versailles

- le foyer « La Passerelle » en Essonne destiné à accueillir des jeunes réfugiés du Sud-Est asiatique.

- Le foyer maternel du Plessis Robinson, géré jusqu’alors par la Caisse d’Allocations Familiales, rejoint l’AVVEJ.

L’association s’ouvre vers la formation d’apprentis avec la création en 1990 du Centre de Formation d’Apprentis de Bel Air, à Fontenay les Briis.

En 1995, l’association compte 17 établissements et services qui emploient 630 salariés.

En 1997, Jean Claude FERRAND décède. Son travail, sa personnalité, son énergie, en un mot son style marqueront durablement ses collaborateurs. Le renouvellement des équipes contribue à tourner la page fondatrice de l’association et à promouvoir de nouvelles formes d’engagement et de militantisme.

Le tournant du siècle est difficile. L’absence de fonds propres, conjuguée à un fort taux d’endettement et à l’exacerbation des contraintes budgétaires, privent l’association des souplesses dont elle avait bénéficié par le passé.

Certains de ses établissements ou services sont confrontés à des problèmes de financement qui mettent en jeu leur existence même, voire celle de l’association dans son ensemble, alors que les activités réalisées sont reconnues pertinentes et de bonne qualité. Mais l’absence de financements suffisants et l’inadaptation des cadres réglementaires ont contraint aux fermetures successives de structures lourdement déficitaires :

- 1994, l’Imprimerie d’Insertion (Les Sorbiers) créée quelques années plus tôt

- 1999, le Centre Maternel et d’Hébergement de Thiais

- 2004, le Centre de Formation d’Apprentis de Bel Air

- 2005, AVVEJ Ressource

Les premières années 2000 sont celles d’une « mise à plat » de l’association, tant sur le plan administratif que sur celui de la redéfinition de sa mission. Il est procédé à un audit interne d’organisation, à un audit des comptes, à une enquête des services de contrôle de la DDASS des Yvelines. Un vaste chantier de redistribution des tâches et des responsabilités administratives permet de renforcer la décentralisation et de donner plus d’autonomie aux établissements. Simultanément, un travail de réflexion sur l’action s’attache à renforcer les fonctions de décision.

Tout ceci conduit à une actualisation des textes fondateurs de l’association. Le Conseil d’Administration adopte en octobre 2004 la nouvelle rédaction des Options Fondamentales, avant d’engager, fin 2005, la rédaction de son Projet d’Association.

En 2008, l’AVVEJ emploie 805 salariés dans ses 18 établissements et services.